Historique

Bitschwiller-lès-Thann était connue pour la fabrication de locomotives (1836). C'est également là que fût inventé le sifflet à vapeur, " le dampfpfifla ". Du riche patrimoine industriel et historique, il ne subsiste que quelques vestiges tant les deux guerres mondiales ont laissé des traces. La route Joffre qui relie Bitschwiller à Masevaux avait été construite en 1915, afin de ravitailler les forces françaises sur la ligne du Front. A remarquer, le monument Berthold dédié à la mémoire d'un habitant local ayant participé au démantèlement des mines posées durant la seconde guerre mondiale. Sur le plan culturel, l'église datant de 1839 est célèbre pour ses orgues Callinet que l'on peut apprécier lors de concerts spécifiques.


l'Histoire de notre village en détails

Il n'est pas possible de situer dans le temps la date de fondation de notre village. Les spécialistes de la toponymie pensent que les localités dont le nom se termine en "willer" seraient d'origine romaine. Il ne faut pas oublier qu'une voie romaine traversait notre vallée. Pendant des siècles, les lieux ne devaient être occupés que par quelques fermes isolées qui, en se développant, ont abouti à la formation d'un hameau. Vers 792, CHARLEMAGNE fit don de la vallée de la Thur à l'abbaye de MURBACH. C'est ainsi que la première mention de notre village se trouve en 1250, dans les registres des possessions de cette abbaye sous la dénomination "BUTZWILRE". Le hameau fait partie, avec Willer et Goldbach, de la communauté de la basse vallée, qui elle-même est incorporée dans le baillage de SAINT-AMARIN. Un événement important se situe en 1284 : des moines franciscains veulent s'installer à Thann. Le seigneur du lieu n'ayant pas d'hébergement à leur proposer, les recommande à son cousin l'abbé de Murbach. Ce dermier possède une grande maison dans notre village et la met à leur disposition. Comme la chapelle dédiée à Saint-Nicolas existe déjà, ils en font leur lieu de culte. Ils restèrent treize ans avant de s'établir à Thann. En 1376, pendant la guerre de Cent Ans, le hameau est détruit par les "Anglais" : une troupe de mercenaires commandée par Engtiërrand de Coucy. En 1479, on parle pour la première fois de mines de fer sur le ban de BITSCHWILLER. Elles sont affermées par le prince abbé ACHATIUS VON GRIESSEN à Peter SCHULTHEISS, bourgeois de Cernay.


C'est en 1550 que nous avons les premiers éléments chiffrés sur la population : 23 feux, ce qui veut dire 23 familles, soit une centaine d'habitants. Sont cités comme lieux habités : Allenburn, Ruthemsthal, Ziegelscheuer. Ce dernier terme nous montre l'existence à cette époque déjà de la tuilerie. En 1632 les troupes suédoises engagées dans la guerre de Trente Ans font irruption dans la vallée. C'est le prélude de la période la plus sombre de l 'histoire de notre village. Pendant 5 ans, on assiste à une chassé-crisé d'occupants. Après la fin de la guerre, en 1650, on ne dénombre plus que 4 adultes et 11 enfants. Pour pallier cette dépopulation, les autorités font appel à l'immigration surtout helvétique.


L'année 1735 est marquée par la réouverture des mines de fer et le début de la construction d'installations métallurgiques pour traiter sur place ce minerai et valoriser le fer ainsi obtenu. C'est la famille d'ANTRES qui prend en mains cette industrie. A partir de 1782, elle cède la direction à la famille de maîtres de forges bâloise STAEHELIN.


La Révolution Française de 1789 désorganise la vie administrative. Pour la première fois de son histoire, le village est détaché de la vallée de Saint Amarin pour être rattaché au canton de THANN, nouvellement constitué.

En 1795 le complexe minier et métallurgique est vendu comme bien national au bâlois Henri STAEHELIN. En 1802, les forêts sont attibuées à la commune, mettant ainsi fin à de longues procédures judiciaires engagées dès 1770. A partir du début du 19ème siècle, une importante industrie textile se développe entre THANN et WILLER. En 1830 l'entreprise STEHELIN-HUBER débute la contruction de machines à vapeur, et en 1838 elle sera la première en Alsace à fabriquer une locomotive pour les chemins de fer.

Le développement de ces industries provoque un appel de main d'oeuvre, aussi la population du vlillage va plus que quadrupler en quelques décennies pour atteindre 2800 habitants en 1844. En 1838 une ordonnance érige BITSCHWILLER en paroisse indépendante et, la même année débute la construction de l'église.

En 1863, prolongation de la ligne de chemin de fer MULHOUSE-THANN jusqu'à WESSERLING avec ouverture d'une gare dans notre village. En 1871, après l'annexion de l'alsace à l'Empire allemand, l'industrie est en crise car elle éprouve beaucoup de difficultés à s'adapter au nouveau marché. Il en résulte une baisse significative du nombre d'habitants. Pendant cette période, on notera en 1907 la construction de notre mairie actuelle.

Pendant la Grande Guerre 1914-1918, le village devient français dès le 07 Août 1914 mais reste, pendant 4 ans, sous le feu ennemi. Les autorités militaires font construire la Route Joffre pour désenclaver la vallée. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, sous l'occupation allemande, la municipalité est dissoute et incorporée au "GROSS TANN". Début décembre 1944 c'est la libération après de rudes combats sur les pentes du col du Hundsrück.

Depuis la fin de la guerre, on assiste à la disparition progressive du tissu industriel traditionnel (textile, construction mécanique) ; cette perte d'emplois n'a pas empêché l'extension de l'habitat avec une lente remontée du nombre d' habi tants. Il dépassse de nouveau la barre des 2000 concitoyens depuis 1990. Ces dernières année ont vu la réalisation du complexe culturel et sportif, la restructuration de la Mairie, de la Maison des Associations ainsi que l'extension de la maison de retraite actuellement en cours. La commune disposera alors d'équipements lui permettant d'envisager l'avenir avec sérénité.


Jean Pierre GASSER
Janvier 2008

Chronologie

• 792 Charlemagne fait don de la vallée de la Thur à l'abbaye de Murbach
• 1250 Première mention du nom du village sous la dénomination de BUTZWILRE
• 1284 Des moines franciscains s'installent dans une maison que possède l'abbaye de Murbach. La chapelle sert de lieu de culte. Ils restent 13 ans
• 1376 Destruction du hameau pendant la guerre de Cent Ans
• 1479 Première mention de mines de fer affermées par le prince abbé Achatius von Griessen à Peter Schulteiss de Cernay
• 1550 Premiers éléments chiffrés de la population : 23 feux soit 23 familles ce qui correspond à une centaine d'habitants
• 1632 Les troupes suédoises engagées dans la guerre de Trente Ans font irruption dans la vallée, prélude de la période la plus sombre de son histoire. Après la guerre, en 1650, le village ne compte plus que 4 adultes et 11 enfants
• 1735 Réouverture des mines de fer et construction d'installations métallurgiques
• 1782 La famille bâloise Staehelin investit dans notre industrie métallurgique
• 1789 Après la révolution française, le village est détaché da la vallée et rattaché au canton de Thann, nouvellement constitué
• 1795 Le complexe minier et métallurgique est vendu comme bien national au bâlois Henri Staehelin
• 1830 L'entreprise Staehelin-Huber débute la construction de machines à vapeur et en 1838 elle sera la première en Alsace à fabriquer une locomotive pour les chemins de fer
• 1838 Bitschwiller devient paroisse indépendante et débute la construction de l'église
• 1863 Ouverture de la ligne de chemin de fer Thann-Wesserling
• 1907 Construction de la mairie
• 1915 Construction de la route Joffre


Le blason de Bitschwiller

De gueules à la lune d'or soutenant à dextre un pic de mineur posé en barre, la pointe à sénestre tournée vers le bas, à sénestre une roue dentée, le tout d'argent.


Ces armoiries ont été crées, pour ce qui est du dessin, en 1909 lors de la construction de la mairie, mais les couleurs n'ont été fixées définitivement qu'en 1980. La lune, emblème de Saint-Amarin, rappelle l'appartenance de Bitschwiller (1) jusqu'à la Révolution au val de Saint-Amarin, possession de l'abbaye de Murbach, le pic de mineur symbolise les anciennes mines de fer tandis que la roue dentée évoque la fonderie de jadis de Bitschwiller.

Après la première guerre mondiale Bitschwiller avait emprunté aux armoiries de Thann une fasce d'argent, mais cette fasce qui venait de l'écu de l'Autriche n'était pas justifiée à Bitschwiller-lès-Thann.

Bitschwiller, dénommé "Butzswilre" au milieu du XIVe siècle, apparaît en 1342. L'église est dédiée à saint Alphonse.

La commune est titulaire de la croix de guerre 1914-1918 (J.O. du 22 mars, p.3177)
(1) Bitschwiller-lès-Thann depuis 1938 (J.O du 25.11.1938, p.13294)